Le rire et le couteau
"Le rire et le couteau" est un choc du cinéma contemporain. Par son courage et sa radicalité formelle, il porte à lui seul l’idée de nombreuses œuvres : échapper aux conventions narratives et filmiques de la fiction, pour saisir la richesse d'une réalité qui n’aurait pu être aussi finement auscultée autrement. C’est ainsi qu’en déconstruisant nos habitudes de regard, il réinvente le film décolonial.
Muganga - Celui qui soigne, Un peuple marginalisé au profit d’un biopic occidentaliste
La distribution en France d’un film au sujet aussi tabou est une précieuse avancée. Muganga - Celui qui soigne avait tout pour devenir un bon film au sujet rare et précieux. Cependant, c'est une déception, voire un échec ; une œuvre balbutiante de bonnes intentions mais dont les limites esthétiques affaiblissent la dimension politique et morale souhaitées.
Sariri, ou l'aridité du patriarcat
Au cœur du désert chilien vit un petit village minier isolé : La Làgrima. Emmurés par des montagnes de sable, ses habitants vivent de l’extraction et du petit marché. Là où les structures patriarcales traditionnelles conditionnent le monde, deux jeunes filles s’y conforment et se questionnent.
ABEL, ou quand la « libération » est un crime
En clair, Abel bouscule l’imaginaire occidentale en matérialisant une cruelle réalité : la chute de l’URSS racontée comme une libération des peuples, un souffle après un étouffement, fut en réalité une grande violence pour des communautés entières.
Mémoires du sous-développement
Cuba, 1959. Fulgencio Batista et sa dictature pro-américaine tombent face à l’offensive castriste. Au lendemain de la révolution socialiste, des afro-cubains chantent et dansent pendant que les blancs bourgeois rejoignent au plus vite l’aéroport pour se réfugier dans les bras du capitalisme étasunien. Mais il y a un vilain petit canard dans cette fuite : Sergio. Un intellectuel écrivain qui, lui, choisit de rester dans ce nouveau Cuba. Tomas Gutiérrez Alea interroge dans son film le devenir d’un intellectuel progressiste dans la révolution communiste.
Palestine 36
Dès la rentrée 2026, l’offre cinématographique illustre l’urgence politique de notre époque. Le besoin de bousculer, d’ouvrir les sens et les chemins de la conscientisation, se retrouve dans un film actuellement au cinéma, Palestine 36, réalisé par Annemarie Jacir. Drame historique se situant dans la Palestine sous mandat britannique, le film remonte aux sources de la Grande révolte arabe de 1936 et de l’expropriation des terres arabes au profit des colons juifs européens.
L’affaire Abdallah
C’est sur Abdallah et son houleuse affaire judiciaire que porte le long métrage réalisé par Pierre Carles. Plusieurs possibilités s’offraient à lui, occidental du centre impérialiste, habitant du pays ayant emprisonné un militant arabe. Le film accomplit ce qui était peut-être le plus judicieux : dévoiler les rouages du système idéologique français, son emprise sur la « justice » et le sens commun, et le camouflage des crimes impérialistes.